Un Crime à Buckingham Palace de Tommy

 

 

 

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►  Mot sur l'auteur
[à venir]

 

►  Résumé
    Londres 1891

   Une personne importante est retrouvée morte à Buckingham Palace. Des questions vont se poser suite à cette étrange affaire qui sort de l'ordinaire. Sherlock Holmes va bien sûr être appelé pour mener l'enquête mais à quel prix ? Le moindre petit témoin ou indice disparaît aussitôt découvert et de plus, le meurtre au Palais Royal semble être un minuscule fil provenant d'une gigantesque toile d'araignée...

   Les morts inexpliquées se succèdent, l'ennemi semble frapper de partout et le pire c'est que Sherlock Holmes se sent manipulé... Un comble pour lui !
   John Watson, fidèle au poste, sera lui aussi mis à rude épreuve. Le docteur va apprendre à ses dépens que le méchant de l'histoire n'est pas celui qu'on croit...

 

 

 

Un Crime à Buckingham Palace de Tommy

 

 

 


Un Crime à Buckingham Palace de Tommy
   Critique du 19 novembre 2017 by Célia (dans le cadre de l'abécédaire 2017 &       de GE Bouquine de Novembre 2017)









 


   Cette lecture s'effectue dans deux cadres : le GE-Bouquine du mois de novembre puisque Un Crime à Buckingham Palace fait partie des deux fictions du mois ainsi que dans le cadre de l'Abécédaire 2017 – une pierre, deux coups !
 
    Qui n'a jamais entendu parler de Sherlock Holmes et du Docteur Watson ? Vous ? Sérieux ?
 
   J'aime beaucoup les romans policiers et même les thrillers, même si mes critiques se sont pour l'instant essentiellement concentrées sur le fantasy et le fantastique. Je suis contente de diversifier les inscrits de ce répertoire en proposant une histoire policière. Qui plus est sur ces célèbres personnages !

 

 

► L'univers

 

   L'univers nous plonge dans le Londres du XIXe siècle. Je ne saurais vraiment dire si l'univers que Tommy nous dépeint correspond à l'époque parce que je ne suis pas spécialiste de cette période. J'aimerais souligner la grande diversité dans le vocable utilisé pour qualifier les fiacres (fiacres, cab, coupé, voiture...).
 
   Je n'ai pas l'impression d'en avoir appris sur Londres à cette époque. Il y a globalement très peu de descriptions des lieux, de la politique générale, du contexte de l'époque. L'histoire pourrait très bien se passer ailleurs et à une autre époque finalement. À part Buckingham Palace qui nous situe à Londres et les modes de transport qui nous renseignent sur la période, c'est à peu près tout.
Je suis un peu déçue, je pense que ça pourrait étoffer l'histoire de donner des précisions globales sur le contexte et les lieux.
 
   Attention, j'ai relevé une incohérence : Au chapitre 1, on lit : « J'habitais avec Holmes depuis seulement un mois, mon épouse ayant dû s'absenter subitement sur un message de sa tante pour une durée indéterminée. » Le « je » est le Docteur Watson. Au chapitre 4, Lestrade et Mycroft entrent dans le salon d'Holmes alors que Watson prend le petit-déjeuner avec Mme Wiggins. « Lestrade et Mycroft observèrent la scène avec une surprise visible. C'était surtout la présence de Mme Wiggins dans le salon de deux irréductibles célibataires qui les intrigua au plus haut point. » Les deux irréductibles célibataires dont Tommy nous parle sont Watson et Holmes. Or, il nous a dit que Watson était marié au chapitre 1... PROBLÈME.

 

 

► L'intrigue

 

   L'intrigue est complexe. Là où on pensait à un simple crime à Buckingham Palace – pour autant que simple crime à Buckingham Palace soit possible –, il s'agit en fait d'une affaire complexe, liée à d'autres plus anciennes. L'enquête est ardue. Les éléments de l'intrigue s'enchaînent bien, le mystère s'épaissit au fur et à mesure que de nouveaux éléments viennent étoffer le raisonnement de Sherlock Holmes. Le fait de lire l'histoire du point de vue du docteur Watson met en exergue les propres sentiments du lecteur face aux non-dits et aux raccourcis dans le raisonnement de Sherlock Holmes. En effet, cet homme brillant ne tient pas son ami informé de tout ce qu'il fait, ni de toutes les preuves qu'il possède, ce qui fait que les révélations ont parfois l'air de tomber du ciel. C'est ça qui fait aussi partie du personnage, mais ça me frustre un peu parfois de ne pas comprendre exactement comme Holmes en est arrivé à cette conclusion.
 
   Quand on pense avoir fait une avancée dans l'enquête, on se rend compte qu'en fait, le mystère s'épaissit ! Et c'est ça qui est génial dans une enquête, ça qui rend l'histoire attrayante, passionnante et c'est très réussi ici !
 
   Attention que le lecteur est parfois perdu dans les noms et identités des personnages secondaires. Il peut être judicieux de recontextualiser les personnages quand ils apparaissent par une brève description physique ou par un rappel de la dernière fois où on les a rencontrés. C'est notamment le cas ici et c'est très bien :
 
« - Au fait l'homme que nous recherchons ne va pas en rester là. Je pense qu'il va s'en prendre à Braineson, continua-t-il d'un air indifférent.
- Certes. Mes hommes surveillent déjà le secrétaire de Sir Edward de près. »

 

 

► Les personnages

 

   Les personnages sont nombreux, mais je ne vais vous parler dans le détail que de Sherlock et de Watson. Je note tout de même que j'ai déploré un manque de personnages féminins forts pour donner le change à toute cette testostérone. Jane est la seule qui pouvait un tant soit peu rivaliser... mais...
 
Le Détective Sherlock Holmes

   Que dire, que dire ? Je n'ai pas lu l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle ! Oui oui, j'avoue. Mais bien sûr, je connais le personnage de nom et de réputation. Sherlock Holmes est un peu devenu le stéréotype de l'enquêteur après tout !
 
   Prenons un petit extrait pour présenter ce personnage cultissime : « Sherlock Holmes se tenait comme à son habitude près de la fenêtre ouverte, ses yeux d'un gris d'acier semblaient perdus dans de profondes pensées. Sa longue robe de chambre, dont les pans flottaient autour du violoniste telles d'immenses ailes de chauves-souris, ne cachait rien de la sveltesse de sa silhouette. Ses longs doigts pâles et minces dansaient rapidement sur les fines cordes de l'instrument. Le vent un peu chaud qui, pour une fois, soufflait sur Londres, pénétrait dans l'appartement en emmêlant les cheveux du détective. »
 
   Sherlock Holmes dissimule bien ses émotions, il paraît bien souvent froid. Ce qu'il est loin d'être. Certes sa grande intelligence et sa perspicacité le placent au-dessus de la plupart des gens, certaines scènes écrites par Tommy mettent pourtant en avant son humanité. Par exemple, son inquiétude pour le petit Peter Wiggins, l'un de ses francs-tireurs, les enfants qui emploient pour enquêter dans les rues. Ou encore son embarras vis-à-vis de la mère du jeune garçon. Autant de petits détails qui, associés au point de vue du Docteur Watson qui nous raconte l'histoire, rendent le personnage humain.
 
   Sherlock Holmes est un personnage secret, ce qui fait également partie de son charme.
 
   Je ne saurais dire si le personnage correspond à l'original de Sir Arthur Conan Doyle puisque je n'ai pas lu ses œuvres. En tout cas, le personnage correspond à l'idée que je m'en faisais et sa complexité et l'aura de mystère qui l'entourent me plaisent beaucoup.
 
   Attention, Tommy insiste sur le fait que le personnage maîtrise bien ses émotions, qu'il est flegmatique, or il est tout de même souvent décrit comme agité, en effervescence, une effervescence qu'il recherche même comme nous l'explique le Docteur Watson en nous disant que Holmes déteste le calme plat entre deux enquêtes et pour ronger l'ennui, il se drogue.  Prenons ce simple exemple du chapitre 5 : « Le détective se leva pour arpenter nerveusement le sol et se jeta sur ses dossiers. Il les feuilleta tous avec précipitation, puis il les lança par terre violemment. Il découvrit peu après ce qu'il cherchait dans un livre où il classait quelques-unes de ses anciennes affaires. Aussitôt il me l'apporta, un sourire réjoui et soulagé aux lèvres. » ou encore celui-ci « Soudain le détective se leva vivement et d'un geste vif renversa les verres et les tasses qui tombèrent à terre et se brisèrent. Les yeux de mon compagnon étincelaient lorsqu'il se mit à crier d'une voix surexcitée :- Mais cela ne se passera pas comme ça !!! Je vais finir mon enquête !!! » Ce sont de belles preuves de flegme et d'un caractère posé en effet...

 

 

Le Docteur John Watson

 

   On sait peu de choses sur lui alors qu'on est dans sa tête en quelque sorte. Il nous raconte l'histoire de son point de vue, mais on s'égare assez peu dans sa tête en fait. Il se contente un peu de nous livrer les faits, d'un point de vue peut-être un peu médical. Il reste souvent en retrait, se comportant plutôt comme le fidèle chien de Sherlock plutôt que comme un savant, un docteur avec de solides connaissances et un homme cultivé.
 
   Je m'interroge sur la relation particulière qui le lie Sherlock Holmes avec le Docteur Watson. J'ai parfois l'impression, dans les réflexions du Docteur qui nous raconte l'histoire, que cette relation est un peu ambiguë, mais peut-être que je me fais des films. C'est tout à fait possible. Le Docteur Watson a un peu le rôle d'épouse fidèle qui attend son mari à la maison en se rongeant les sangs. Cette citation va d'ailleurs dans ce sens, je trouve :
 
« - Mais vous passez votre vie à l'attendre docteur, remarqua-t-il.
- Pas toujours, quelques fois seulement. »
 
   Il prend tout de même plus d'initiatives au fur et à mesure des chapitres, ce qui me rassure et donne plus de cohérence et de profondeur au personnage.

 

 

► La plume

 

   La plume est fluide, bien adaptée à son contexte en général. Parfois, je la trouve un peu familière dans ses tournures de phrases pour l'époque du contexte, mais c'est assez subjectif comme ressenti.
 
   Il reste quelques erreurs dont nul n'est à l'abri et quelques répétitions qui ont été oubliées.
J'aimerais par ailleurs souligner plusieurs choses : la place de la virgule, le passé simple, la mise en forme des dialogues, la confusion entre tache et tâche.
 
La virgule

   Ce qui me gêne un peu plus dans la plume, c'est un manque de virgule à certains endroits, rendant parfois la phrase difficilement compréhensive. Quoique, difficilement est peut-être trop fort comme terme, je dirais plutôt « rendant la phrase moins compréhensive », ce qui est dommage. Mais prenons quelques exemples pour clarifier ça :
 
Exemple 1
« Holmes descendit puis sans m'adresser un salut, il partit. La voiture reprit sa route pour finir enfin devant le 22I b. »
>> « Holmes descendit puis, sans m'adresser un salut, il partit. La voiture reprit sa route pour finir enfin devant le 22I b. »
 
Exemple 2
« En souriant Holmes se leva pour retirer son manteau déchiré. »
>> « En souriant, Holmes se leva pour retirer son manteau déchiré. »
 
Exemple 3
« J'ai effectué des recherches mais n'ai aucune piste pour le moment. »
 
Il est courant de mettre une virgule avant le « mais ». Cette virgule permet de souligner l'opposition entre deux propositions ou deux groupes de mots. La virgule est même obligatoire lorsque les deux éléments reliés par « mais » s'opposent par la négation, l'un des éléments comporte alors une structure négative. On la trouve également avec l'emploi de l'expression non seulement... mais... Dans d'autres contextes, la présence de la virgule devant « mais » permet de renforcer une idée.
 
Ici, j'écrirais donc : « J'ai effectué des recherches, mais n'ai aucune piste pour le moment. »
 
Exemple 4
« De plus les années ont passé et Sir Edward est resté à son poste dans plusieurs gouvernements. »
Je mettrais, dans cet exemple, une virgule après « De plus ». « De plus, les années ont passé et Sir Edward est resté à son poste dans plusieurs gouvernements. »
 
Exemple 5
« - J'aimerai seulement M. Tenderley que vous nous parliez de John Spencer. »
Pour plus de clarté dans la phrase, je mettrais « M. Tenderley » entre virgule. « - J'aimerai seulement, M. Tenderley, que vous nous parliez de John Spencer. »

 

 

Le passé simple

 

   J'ai retrouvé plusieurs erreurs de conjugaison du passé simple.
 
« Je la lis, c'était un rapport d'enquête assez peu conventionnel. » Le passé simple du verbe lire à la première personne du singulier est « lus ».
 
« Je m'habillai et le suivi sans mot dire. » Même principe ici, « suivi » doit être conjugué au passé simple : « suivis ».
 
« Il me raconta l'affaire Gabrielle Harker et je dû me contenir pour ne pas bailler devant son nez de la façon la plus inconvenante possible. » Même principe, c'est « je dus ».
 
   L'objectif de cette critique n'est pas de faire un relevé de toutes les erreurs, je vais donc m'arrêter là en exemple. C'est un point auquel l'auteur devra être attentif.
 
   Attention, dans les répliques des dialogues, on utilise le passé simple. Donc les répliques du Docteur Watson sont aussi au passé simple : « - Mais ! commençais-je » doit s'écrire « - Mais ! commençai-je ».

 

 

Les dialogues

 

   Comme de nombreux auteurs de la Toile, Tommy ne respecte pas les règles de mise en forme des dialogues. Je fais donc un nouveau rappel dans cette critique. On introduit les répliques des dialogues par des tirets longs appelés tirets cadratins (— ; le raccourci clavier pour ce type de tiret est Alt+0151). Les puristes introduiront même les dialogues par des guillemets, mais ce n'est pas obligatoire. Autre remarque concernant les dialogues, on ne met jamais de majuscule dans les incises, même après un point d'interrogation ou un point d'exclamation.

 

 

La confusion entre tache et tâche

 

   Je ne prendrais pas la peine de le souligner dans cette critique si l'erreur n'était pas revenue plus d'une fois au fil des chapitres.
 
TACHE est un synonyme de « trace ». On parle donc de taches de rousseur, de tache de sang.
ex : Son vêtement était taché du sang qui suintait de sa blessure.

TÂCHE est un synonyme de travail.
ex : Il se tuait à la tâche pour assurer la subsistance de sa famille.

 

 

► La conclusion

 

 Tommy réussit en quelques chapitres à construire une intrigue complexe, riche en rebondissement et à mettre en scène des personnages que tous connaissent de près ou de loin. C'est une plume riche, un vocabulaire recherché qu'il nous délivre son histoire. Si la plume est parfois hésitante, que les virgules sont trop souvent oubliées, l'écriture prend de l'assurance au fil des chapitres, en même tant que les personnages s'affirment et prennent un caractère propre. Attention à quelques incohérences. Attention également à veiller à ce que le lecteur puisse suivre qui est qui dans le défilé des personnages secondaires.
 
   Franchement, c'est une petite histoire qui vaut le détour, une intrigue bien construite qui réserve bien du suspense ! À lire !

 

 

► Classification : THÉ VERT

 

 

Tags : Critique de Célia - Terminé - Fanfiction - Policier - <15 chapitres - Tommy - GE Bouquine - Abécédaire 2017 - Thé vert

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